lundi, 16 octobre 2006
Ne dites pas à ma mère que je suis conseillère pédagogique, elle me croit clown chez Médrano.
J'aime bien avoir une stagiaire. Bien sûr ça prend un peu de temps, parce qu'il faut qu'on se voit pour échanger sur les cours à venir, les observations de séances, etc, mais c'est une excellente remise en question de ce que l'on fait soi-même. Cela fait onze ans maintenant que je travaille en lycée, et si au début ça prend beaucoup de temps de trouver un rythme, devenir innovante et variée dans les activités proposées, au bout d'un moment on se félicite intérieurement d'y arriver enfin, on profite de ce confort intellectuel et on risque d'être tellement confortable qu'on pourrait s'endormir. Et puis arrive la stagiaire, avec ses idées, ses erreurs, ses références culturelles plus en phase avec les élèves que les nôtres (Qui a dit "Generation Gap" ?), ses réactions inattendues, et ça nous renvoie à nous. Est-ce que le modèle que je lui propose est cohérent avec les théories que je lui expose ? Ne vois-je pas du fond de la classe des erreurs que je fais aussi, mais dont je ne me rends pas compte quand je suis "en scène" ? Bientôt C. va avoir une visite de sa tutrice IUFM. Je me surprends à être plus angoissée qu'elle. Je sais par expérience que psychologiquement le simple fait d'être "jugée" par un inspecteur ou un tuteur peut transformer notre prise en main de la classe, l'ambiance que nous insufflons dans nos cours (non, ils ne sont pas muets d'habitude...). C'est arrivé à mes stagiaires, cela m'est arrivé, même encore récemment. Je n'ai pas la solution idéale à proposer pour évaluer les pratiques des enseignants pour ne pas rendre la situation artificielle, mais je pense que depuis le temps que ça pose problème, on devrait peut-être bosser le sujet !
10:55 Publié dans Ne soyons sûrs de rien. | Lien permanent | Commentaires (34)




























