jeudi, 07 juin 2007

Money, money, money...

     Lundi, au matin du Conseil de Classe de mes 2ndes, 4 feuilles jaunes comprenant les voeux définitifs d'orientation de mes élèves manquaient encore.

     Je les avais distribuées deux semaines avant en indiquant clairement que je les voulais au plus tard le vendredi 1er juin. Je trouvais la date facile à retenir...

     Hier quand je les ai récupérées pour les réinscriptions dans notre lycée, ou pour monter les dossiers de ceux qui partent poursuivre leurs études ailleurs, il me manquait : 6 feuilles jaunes (les parents avaient oublié de signer pour prouver qu'ils avaient lu la décision du conseil de classe !), deux dossiers complets, et deux enveloppes timbrées. J'avais donné la liste des pièces à apporter une semaine auparavant. Les dossiers de réorientation doivent arriver à destination le 11 juin !

     Conclusion : l'an prochain, nous établirons un tarif d'amende pour les retardataires, comme aux Impôts, quand nous sommes en retard pour déposer notre déclaration.

     Ah ! Non ! Nous, on n'a pas le droit ?!!!

     Pourtant, il me semble que contrairement au fait que l'orientation décide de la vie future des élèves, l'argent est devenu le seul argument efficace.

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mercredi, 23 mai 2007

Moi aussi, je peux faire des colliers...

Virgibri, et la vilaine, vous n'êtes pas les seules à trouver des perles dans vos copies. Voici celles de mes élèves :

Dans une traduction en seconde...

"Nous ni sommes pas."

"il lui parlat mèchement."

C'est peut-être de là que vient l'expression "avoir un cheveu sur la langue" ?

Et en anglais...

"It exist for a long time ago !"

 "A blog is a dairy on the internet."

Pas étonnant que certains pensent qu'on peut faire son beurre grâce à la blogosphère !

"You are on the good voice !"

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dimanche, 01 avril 2007

Je ne peux m'empêcher de parler politique.

Vendredi, notre ministre a écrit aux douze candidats pour leur faire part de son propre bilan de son propre travail.  

"J'ai souhaité vous transmettre le bilan de la politique menée au service de l'Ecole pendant les sept cents jours au cours desquels j'ai eu l'honneur de travailler à la réussite des jeunes Français et à la mobilisation d'un million
et demi de fonctionnaires dont j'ai pu mesurer l'engagement",
leur a-t-il écrit.

De quoi est-il fier ? De nous avoir mobilisés contre lui ?

Dans ce cas je me réjouis qu'il soit conscient de mon engagement.

Quant à la réussite de mes élèves, désolée, mais s'ils ont leur bac cette année, il n'y sera pour rien.

Aujourd'hui, il soutient le candidat de l'Uhaimepé. Quel bilan !

Si quelqu'un peut me transmettre la version intégrale du bilan, que Le Monde ne publiait pas, j'en serai ravie.

PS : chers collègues, n'oubliez pas de signer la pétition contre son décret à gauche de cette note pour lui prouver notre motivation et notre engagement.

mardi, 27 mars 2007

LE CA C'EST ASSEZ CA !

Je suis rentrée il y a quelques minutes d'un Conseil d'Administration particulièrement soporifique. J'ai de quoi comparer, en 24 ans de boulot dans l'éducnat, il n'y a eu que trois années (dont celle de stage !) où je n'ai pas été élue.

J'ai pensé à Virgibri quand quelqu'un (qui travaille dans l'établissement, mais pas un prof, Virgibri) a dit que "cent z'élèves" participaient à je ne sais plus quel projet. On a eu droit à la lecture du Compte Financier, et on a échappé de justesse à la sempiternelle question sur le CNASEA et le FARPI, dont personne ne sait ce que c'est malgré toutes ces années de CA, mais dont on se fout royalement de toutes façons.

Je ne vous dirai pas tout ce qu'on a acheté ou reçu en subventions parce que ce serait ne pas respecter mon devoir de réserve. C'est vrai que ce qu'on dépense en chauffage, et la marque de frites qu'on choisit pour la cantine, c'est top secret !

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Au moment des questions d'ordre un peu plus pédagogique, je me la suis pétée grave en racontant que Samedi un de mes anciens élèves (d'origine anglaise) actuellement étudiant dans une grande école Londonienne, a dit qu'il regrettait le pragmatisme des profs français. Comme quoi, l'européanisation de l'enseignement n'est peut-être pas indispensable ?

Là, je suis carrément HS, et comme en rentrant j'ai appris que demain c'est la journée internationale du sommeil, je vais de ce pas lui apporter ma contribution.

samedi, 17 mars 2007

KOMENKIFON POUR KONNETRE SI BIEN LE BLEME ?

Je connais les Fatals Picards depuis peu, le jour où j'ai regardé la sélection de la chanson de l'Eurovision. Déjà avec la chanson sélectionnée, je les avais trouvés très bien, mais là.... CHAPEAU !

C'est pas possible, c'est des jeunes profs qu'ont déjà démissionné et se sont recyclés !!!!

Quelqu'un peut me confirmer ?

vendredi, 16 mars 2007

NOTE DESABUSEE ET QUI VA SUREMENT VOUS LASSER DES LA DEUXIEME LIGNE... MAIS TANT PIS !

Je ne sais pas quoi faire pour mardi.

On nous change notre statut. Nous allons travailler plus, gagner moins, pour certains, enseigner une matière pour laquelle nous ne sommes pas formés. Les TZR bossent parfois sur trois établissements, éloignés de 70 kilomètres !!! Ils ne touchent quasiment rien pour leurs déplacements, et on s’en fout s’ils n’ont pas le temps de bouffer, de connaître leurs collègues… On veut formater notre enseignement.  Notre "avancement" se fait sur des critères dont on ne nous informe pas, et "à la tête du client". On nous demande d'être "rentables". Les suppressions de postes s'en suivent par dizaines...

Dans mon lycée beaucoup de profs se plaignent des grèves à répétition. Les parents aussi.

On me dit « il y a d’autres moyens de protester ».

Ok, mais quand on propose quelque chose de différent. Même pas un boycott, mais une rétention de notes du bac blanc, seulement 7 profs signent pour dire qu’ils sont partants…

Alors on a fait le bac blanc, et on donnera les notes.

Et les élèves seront contents. Et les parents aussi. Et le ministre aussi.

Ils n’auront pas besoin d’aller manifester dans la rue pour réclamer un bac blanc !

Ca, ça m’a mis laissée le cul par terre…

(Comme image de la jeunesse revendicatrice, ça m’a rappelé les « Jeunes Giscardiens » quand j’étais en seconde ! Le même genre d’antinomie…)

Pour calmer l’inquiétude de ces jeunes, puis-je leur faire remarquer qu’il y a quelques années, le bac blanc n’existait pas et que les élèves réussissaient leur bac quand même ?

Que tout le temps que j’ai passé à sélectionner un sujet, le relire, établir un corrigé et un barême en concertation avec une collègue, taper tout ça, le photocopier. Organiser les oraux, hors épreuves écrites, sans que ça tombe en même temps que les oraux des autres langues… Que tout le temps que je vais passer à corriger mes 46 copies rédigées chacune en trois heures… Tout ce temps et cette énergie, dis-je, j’aurais pu l’utiliser à faire au moins deux ou trois devoirs d’une heure (certes), mais adaptés à la progression de mon groupe classe, pour les préparer encore mieux au baccalauréat !

Alors comme je veux qu’on me compte comme mécontente, puisque les négociations ne sont pas possibles, que les moyens autres que la grève sont attaqués tout autant, eh bien je crois que je n’irai pas travailler mardi. Je ne culpabiliserai pas puisque je perdrai pour la peine un trentième de mon salaire mensuel, et que du coup, j’aurai un peu plus de temps pour corriger mes copies de bac blanc !

De plus je me sentirai solidaire des établissements où ça bouge vraiment.

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(Je sais, il y a bien pire sort  dans le monde, que le mien et celui des profs, même les TZR,  mais il me semble que vos enfants méritent mieux que ça.)

vendredi, 16 février 2007

En quel siècle cette publicité a-t-elle été conçue ?

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Quand je pense que j'ai été obligée de distribuer ça à mes élèves... Ca se trouve dans la brochure nationale Onisep, "Que faire après la classe de seconde ?"

Je dois dire que si j'étais ado et que je voie quelles chaussures on pense que je porte aujourd'hui, et surtout quelles chaussures je devrai porter quand je serai dans le monde du travail, je ferais un autodafé de la brochure, j'enfilerais mes Converse rouges que j'adore, pourtant je suis une fille, c'est grave Docteur ?, et je m'enfuirais loin de tous ces gens du ministère qui ont encore tant de clichés dans la tête !

Comme l'a judicieusement fait remarquer une de mes collègues, il ne manquait plus qu'un prix plus élevé sur la boîte "filles" que sur celle des garçons pour leur faire comprendre bien vite que d'une part elles gagneraient moins que les mecs et d'autre part, c'est bien connu, elles dépensent comme des folles.

Tout cela est financé et commandité par notre gouvernement, qui fait une pub mâle et une pub femelle parce que l'égalité entre les sexes à l'école pour lui, c'est une vue de l'esprit.

mercredi, 17 janvier 2007

A propos des lois

A partir du 1er février, il sera complètement interdit de fumer dans mon établissement. En soi, c'est plutôt une mesure salutaire. Quand je suis arrivée dans ce lycée il y a douze ans, c'était déjà interdit partout dans l'établissement, et le fait de devoir sortir, d'avoir à fumer devant les élèves, tout cela, ajouté à la pression médicale, m'a aidé à arrêter de fumer. Mais je n'étais pas une adolescente.

Cependant une foule devant un lycée à chaque inter-classe c'est dangereux. (élèves fauchés par des voitures, personnes étrangères au lycée et venant faire des trafics illicites s'infiltrant facilement, sans compter une incompatibilité avec le plan vigi-pirate orange toujours en vigueur !)

Donc il y a environ cinq ans nous avons créé un "espace" où fumer est toléré. Il y a des bancs, des grands cendriers en béton, donc pas de mégots par terre, des peintures murales sur les murs qui l'entourent et même un toit qui protège nos élèves partiellement des intempéries. Cet espace est en plein air, loin des bâtiments de cours, mais à portée d'oeil de nos CPE, bref, presque l'idéal. (l'idéal étant que nos élèves ne fument pas, évidemment.)

Mais, le 1er février, nous reverrons la foule devant le lycée, les mégots par terre (seule la municipalité a pouvoir d'installer des cendriers à cet endroit...), et nos élèves qui s'étaient déjà mis à sortir sans arrêt suite à la loi sur l'interdiction de vendre des produits sucrés, vont avoir une raison de plus pour ne pas rester à l'intérieur.

L'intérêt pour les élèves ? Ils seront plus près... du bureau de tabac qui se trouve à 100 mètres et qu'ils ont découvert depuis qu'ils y achètent leurs Mars et leurs Bounty !  Et les non-fumeurs vont les accompagner. Ce sont leurs potes ! Grâce aux rencontres multiples dans la foule, ils vont aussi pouvoir varier plus facilement ce qu'ils fument.

Quitte à être répressif sans réfléchir, ne pourrait-on pas interdire la vente du tabac purement (ah, je l'ai choisi celui-là !) et simplement ?

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Mais le tabac rapporte sans doute trop au monsieur sur la photo et aux lobbies qui l'influencent.

Une consolation : une élève a demandé à garder l'espace comme lieu de convivialité et a proposé qu'on mette des fleurs dans les cendriers. Accepté !

lundi, 18 décembre 2006

Ma Manif

On était 300 selon la télé, pas plus de 400 selon moi, et sûrement 150 selon la police et notre ministère.

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Pas vraiment d'actualité, comme illustration, mais je l'aime bien.
  
Il faisait froid, mais marcher entre gens motivés, cela réchauffe !

Un collègue un peu naïf s'offusquait que la télé ait dit que l'heure de labo des profs de physique servait à balayer les salles. Il n'a jamais regardé les infos de France 2, lui, ou quoi ?

Ce soir à France 3 ils ont parlé de trois heures de cours en plus, mais sans expliquer le pourquoi du comment...  Ils n'ont pas non plus annoncé le pourcentage de grèvistes, pourtant sûrement plus important que celui des manifestants. La prochaine manif sera nationale, le 20 janvier si j'ai bien retenu la date, et j'espère que les collègues qui ont préféré faire leurs courses de noël cet après-midi, prendront les bus affrêtés par les syndicats et iront à Paris !

Moi, je peux vous dire que l'an prochain, j'enseignerai le français ou l'allemand quelques heures si ça arrange mon chef d'établissement. Que j'aurai sûrement 8 groupes/classes au lieu de 6, donc plus de cours à préparer, et plus de copies à corriger, même si les groupes sont de 20 élèves*. Que je ne pourrai plus être professeure principale, puisqu'en langues on n'aura plus de classes entières. Que tout cela correspondra à une baisse de salaire substantielle que je n'ai pas encore calculée, de peur de faire une dépression. Que mon banquier à qui je rembourse un emprunt, ne reverra certainement pas le montant de mes mensualités.  Que vos enfants ne pourront plus faire de sport scolaire le mercredi après-midi, et que si ça les branche, il vous faudra les inscrire en clubs. Je pourrais sûrement vous en dire encore plus, mais ce soir je suis fatiguée.

*Les groupes de 20 élèves cela ne concerne que les profs de langues, en terminale cette année déjà (c'est pour ça que j'ai un groupe à 21) et bientôt pour les secondes quand on travaillera par groupes de niveaux de compétence, ce qui entraînera des réunions en pagaille !

samedi, 16 décembre 2006

Produits estampillés 2006

Une réunion de parents ça commence à 16 h, et si on a de la chance, et une seule classe de seconde, on arrive à s'échapper vers 20 h 30. Je crois bien que certains collègues ont dû faire "nocturne" jusqu'à 22 h.

Une élève qui plafonne à 7 de moyenne toutes moyennes confondues, me dit :"Ah mais là, je vais me mettre au travail ! D'ailleurs hier, j'ai bossé de 21 à 23 h 30." Le père : "Oui, mais c'est parce que je t'avais privé d'Emècène ! Oui, parce que E. elle est sans arrêt sur Emècène, et comme sa mère et moi on rentre qu'à 20 h... Et puis même le soir, elle veut pas arrêter, c'est tout juste si elle vient manger. Même quand elle fait ses devoirs, elle a son livre sur les genoux, mais elle est sur Emècène." Moi :" Mais enfin, tu ne peux pas commencer par faire tes devoirs, rien qu'une heure par jour, et seulement après, allumer l'ordinateur ???" E. : "Ah, ben non, parce qu'avant y'a des séries à la télé." Moi : "Eh bien ne regarde pas les séries !" E. : " Ah, ben non, je peux pas, moi j'aime les séries." Moi : "..." E. : "Mais là, j'ai décidé, je vais travailler deux heures par jour !" Moi : "Donc tu vas arrêter la télé et Emècène !" E. : "Non."

Sur ce, son portable a dû vibrer dans sa poche. Elle l'a sorti. J'ai râlé. Pas son père. Et elle n'a vraiment pas compris pourquoi je ne trouvais pas ça normal.

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Par ailleurs, un garçon qui bosse comme un malade sans résultat, et dont la maman n'arrivait pas à ne pas répondre à mes questions à sa place, bien qu'à chaque fois il râlât et se tapât bruyamment la main sur la cuisse en signe d'énervement, ne prend pas moins de six heures trente de cours particulier par semaine ! J'ai essayé d'expliquer qu'il vaudrait mieux qu'il prenne ce temps pour réfléchir, même seul, sur les leçons et exercices qu'on lui donne... mais c'est dur de jouer les rabat-joie, quand des parents dépensent tout leur fric pour faire vivre AKA-DO-MI-AH !

Un élève moyen assez sérieux à qui j'ai dit : "Question travail c'est satisfaisant, tu es sérieux et actif en classe, mais il faudrait seulement que tu arrives à accepter les remarques sans te bloquer et faire la tête. Ca te prend de l'énergie et du temps." Lui, rouge d'offuscation  : "Là, je ne suis pas d'accord avec vous, j'accepte très bien les remarques". J'ai cru que j'allais éclater de rire. Je ne l'ai pas fait.

Il y en a eu 20 autres, mais j'ai pitié de vous.

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