jeudi, 16 novembre 2006
Il faut toujours tourner sept fois sa langue...
Enfant j’étais une pipelette insouciante. Ado, une grande gueule sympa, un peu torturée à l’intérieur, mais ça ne se voyait pas. Jeune adulte, je me suis rendu compte que l’humour compris par mon petit cercle familio-amical pouvait blesser et que parfois j’aurais mieux fait de me taire. Je n’ai jamais voulu heurter exprès et pourtant cela m’arrivait souvent. Puis, moins souvent. Je me suis dit que ça devait être ça « vieillir, devenir adulte ». Alors quand une séquelle de jeunesse me fait dire quelque chose que je regrette, ça me déstabilise, parce que je ne suis plus habituée. Il me semble que je fais mal moins souvent, mais plus profondément. Alors que je ne le veux pas. D’ailleurs, j’en ai moins l’occasion, car je choisis de plus en plus les gens à qui je parle. C’est l’avantage d’être plus vieux, on sait ce qu’on ne veut pas, on est plus sélectif, on va direct à l’essentiel. Alors j’ai horreur de gâcher du temps en commettant des maladresses. Et je veux profiter de tout mon temps pour dire à ceux qui comptent pour moi que je les aime. Cette photo est un cadeau. Cette porte est ma porte. Je l’offre à quelqu’un chez qui j’ai été maladroite récemment. Et ces couleurs d’automne de mon jardin aussi. Profitez-en tous !
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